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  • Sabrina Meder

Je suis en train de tomber malade d'amour

Depuis que j'ai quitté mon mari il y a eu plusieurs hommes dans ma vie, ma vie courte, puis longue, puis triste, puis désespérée et heureuse. Ma vie secrète, ma double vie, ma vie de hybride. Un vieil amour est revenu. Il est rentré dans ma vie, dans ma tête, dans mon sexe. Durant six mois j'ai vécu l'horreur le plus absolu car j'ai pris conscience que je n'étais pas malade, j'ai pris conscience des mensonges, de l'obscurité de ma vie. Durant six mois j'ai failli mourir. Mon journaliste a été là en me donnant mes repères : "Non tu n'es pas folle". cet amant a voulu me tuer de désespoir. Il m'a trahi au plus profond de mes entrailles comme lorsque l'on avorte. Bien heureusement, il n'a pas réussi car cela faisait dix-huit ans que je travaillais avec acharnement pour y arriver, pour prouver que tout ce que je vis depuis vingt trois ans est vrai : ce monde de symboles : le langage des criminels, puis comment j'ai sauvé le Monde.


Sans ce journaliste cela aurait été une mission impossible. Nous nous sommes rencontrés lorsque j'habitais rue des bas fossés. Et oui j'étais dans le trou. Ce journaliste m'a donné la main comme on la donne à un ami sans aucun intérêt. Depuis il a été là, il est là, dans mes joies, dans mes désespoirs, dans mes déceptions, puis dans ma colère et dans la maladie.


Grâce à la réapparition de cet amant et surtout grâce à mon journaliste j'ai pu soldé mon passé avec cet homme, un chanteur de musique romantique.


Après il y a eu un deuxième homme. Lorsque l'on s'est vus il y a eu quelque chose. Puis il m'a dit que j'étais belle. Ces mots ont fait échos, tant, que j'ai commencé à lui écrire. Cela faisait longtemps que je n'étais pas regardée ainsi. Grâce à lui j'ai pu communiquer avec mon journaliste de manière créative afin de lui dire qui je suis et surtout d'où je viens : d'une famille de criminels. J'ai pu lui expliquer mon essence, mes secrets les plus intimes, les plus enfouis, les plus cachés, les plus je raconte même si j'ai honte. Puis neuf mois après, la durée de la gestation d'un bébé, il est apparu frais comme une laitue qui vient de pousser après avoir été sous terre. Cet homme communiquait à travers les lumières et rideaux du bar d'un ami. Malgré cela, il a brillé par son absence. Je lui ai dit que je ne l'aimais pas, je lui ai dit de partir et il continuait à me parler à travers le bar. J'ai fini par ne plus passer par là de peur qu'il croie que je veux une histoire, un baiser, un temps, une romance.


Après il y a eu un humoriste. Avec lui j'ai vécu la passion et je me suis enfin autorisée à sentir. J'avais tellement peur de souffrir à nouveau. Et, c'est que, un homme de mon passé m'a cassé le cœur. J'ai failli mourir d'amour et de tristesse. Je l'ai attendu d’innombrables années. Je n'ai vécu que des tempêtes et des incendies. Après lui, je n'ai plus voulu sentir. Avec l'humoriste j'ai repris contact avec cet homme de mon passé et j'ai tout craché, tout ce que je n'avais jamais osé racontais. Je l'ai dit du fond de mes tripes et de mon cœur. Grâce à lui, j'ai pu me débarrasser de ses griffes. C'était le diable en personne. Il avait emprisonné mon cœur afin que je ne puisse aimer personne. Petit à petit me cœur se fanait comme les fleurs dans le cimetière. Je vivais dans celui-ci. j'étais entourée par la mort qui me traquait comme ce réseau de criminels.


Je continuais de communiquer avec mon journaliste. Puis je suis partie au Mexique. Là je me suis retrouvée et j'ai pris conscience de qui était vraiment cet humoriste. Je l'ai fui comme la peste. Quel avenir aurai-je avec lui? Pourtant il était touchant, drôle, viril. Grâce à lui j'ai pu comprendre que je répétais le schémas de ce père absent : mon père biologique. Lui aussi je l'ai quitté.


En rentrant du Mexique, j'ai senti l'amour de ce journaliste. Un grand amour, limpide, pur. C'était comme un soleil qui brillait sans cesse même la nuit. En arrivant à Paris, je suis allée le voir. J'ai cru exploser. Je voulais crier, non hurler. Tout le chemin de retour j'ai pleuré car mon histoire avec l'humoriste s'était terminée.


Et j'ai commencé une histoire avec lui. Et puis j'ai eu peur comme lorsque l'on ne s'attend pas et quelqu'un nous touche ou nous parle et que l'on sursaute. Puis je l'ai quitté pour aller au bout ce mon histoire. Je l'ai quitté comme une mythomane qui ne raconte que des histoires et nie ce qu'elle ressent malgré qu'elle sait qu'elle l'aime. Puis je suis allée voir ailleurs.


Je suis tombée sur ce chef. Grâce à lui, j'ai compris qui était réellement mon père. Qui était son amant et j'ai compris que je payais sa facture depuis vingt trois ans. Je l'ai porté pendant tout ce temps là. Avec le chef, j'ai pu faire la paix avec ce réseau de criminels en comprenant toute cette violence enfouie à l’intérieur de moi. J'ai pu également m'accepter comme je suis.


Puis mon journaliste est revenu. Mon héros d'amour. Grâce à lui je n'ai pas commis l'erreur de ma vie. Me marier pour une troisième fois avec mon père. J'ai senti tout ce que j'avais à sentir afin que mon passé parte par mes pores, ma bouche, mes yeux, mes oreilles et mon sexe. Ce chef, malgré sa bonne volonté n'a pas assumé qui il était. Puis le manque d'amour pur a fait que je n'ai pu l'accepter tel qu'il était. Ou peut-être précisément par ce que je l'acceptais je l'ai laissé libre. Puis, il me rassurait, puis cela était trop, trop veut bien dire qu'il y a anguille sous roche. A quoi bon se justifier, à quoi bon rassurer autant. Puis j'avais oublié tout cet amour pour mon journaliste. Je me suis égarée, j'avais changé de réalité et je ne savais plus quelle était la vraie, la mienne et non pas celle des autres. Grâce à ce chef, j'ai compris mes voyages entre toutes ces réalités. J'ai compris pourquoi j'étais perdue sans mes objets, mes livres et ma musique. Aujourd'hui, je sais quelle est La Réalité : la mienne, la vraie.


Grâce à ce chef j'ai pu accepter mon journaliste tel quel. Avec son histoire et son vécu. J'ai pu m'autoriser à être infiniment heureuse. J'ai pu enfin aimer à nouveau sans peur, j'ai pu m'abandonner. Je ne pourrai jamais effacer ces hommes de ma vie comme mes cicatrices, mes plaies, mes maux, ma souffrance et ma douleur. Cependant, malgré tous ces fantômes qui me hantaient, je suis capable d'aimer à nouveau et d'être aimée.


Sans mon journaliste, les weekends sont infinis. Sans lui, la vie est fade. Sans lui le blanc est gris et le noir encore plus noir. Sans lui, la vie ne ri pas, ne chante pas, la rivière ne coule pas, le soleil ne brille pas, il n'y a plus d'étoiles. Grâce à lui, aujourd'hui je suis à ma place. Je vis la vie que je dois vivre. Je n'ai plus besoin de coussin. Aujourd'hui je vis, je ne survis plus. Sans lui, les minutes sont des jours et les jours des semaines et les semaines des années. Le temps s'allonge puis rétrécit, et disparaît, me laissant dans le néant. Sans lui, je suis incomplète, sans lui, je ne sais pas exister. Sans lui, je ne suis pas moi. Sans lui, les fleurs ne sentent pas, le ciel est bourré de nuages. Sans lui, mon corps et mon cœur ne font que l'attendre, mes yeux, le regarder, mes mains le toucher.


Je suis infiniment

à toi.



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