Sabrina Méder, Art et écriture

Comment je suis devenue artiste et écrivain

 

Etant très jeune j’ai voulu devenir danseuse, cependant mon père n’a pas accepté en prétextant que la danse était une carrière courte et difficile à tous les niveaux. J’ai dansé de mes 3 à mes 13 ans. Je n’ai pas non plus insisté pour continuer. A la faculté, je me suis inscrite à des cours de danse, cependant l’hiver j’avais froid, puis je transpirais, et lorsque je sortais dans la rue, avec le froid, je devenais malade. J’ai fini par laisser tomber. Je pense que si la danse avait été vraiment une passion, je me serais acharnée. Peut-être j’avais besoin d’orientation, de soutien.

Je ne sais pas.

Aujourd’hui, je danse dans mon salon. Je mets de la musique et profite de mon cops. Quand je danse, je suis en transe. La musique s’empare de moi, comme lorsque j’étais une enfant et que je dansais.

J’aime bouger, j’aime sentir la musique dans la peau. J’aime la musique transpercer mon âme et mon cœur comme une flèche jetée par cupidon : je ne peux vivre sans elle. Elle parcourt mes veines comme si j’étais faite par celle-ci.

La musique m’a toujours accompagnée. D’ailleurs dans mes écrits il y a souvent des paroles de chansons qui pour moi sont vitales, car je les ai écoutées à un moment donné de ma vie, ou bien par ce qu’elle me rappelle une partie de moi, une situation, un événement, une personne. Chaque morceau que j’écoute a une signification. D’ailleurs pour vibrer avec l’univers, j’écoute mes différentes plays lists en fonction de ce que je veux attirer ans ma vie.

En parallèle à la danse, ma grand-mère me lisait des histoires. J’adorais voir les dessins du livre et suivre l’histoire en trouvant sur l’image ce que j’écoutais.

Plus tard, j’avais mes livres de français qui en général avaient des illustrations. Je passais des heures à lire la poésie et regarder celles-ci.

Quand j’ai dû choisir ce que je voulais étudier, j’ai décidé de poursuivre des études de lettres modernes françaises.

J’aimais beaucoup écrire et non seulement j’ai écrit des milliers de lettres enflammées à mes amoureux mais aussi je tenais des journaux intimes que j’illustrais. Soit par ce que je dessinais, soit par ce que je découpais une image qui m’a attiré à un moment donné.

Une fois, je me rappelle avoir souhaité profondément être écrivain, puis je me dis que je vivrai plein d’expériences afin de les raconter.

Le temps passa, les années aussi, les jours, les heures, et je devins prof de français langue étrangère. Ce travail m’a permis de bien connaitre la langue française.

Par la suite j’atterris dans un village à la campagne en France et grâce à mon psychiatre de l’époque, qui avait une association avec laquelle il faisait des expositions, j’ai commencé à avoir contact avec un groupe d’artistes. On avait tous le même point en commun, nous étions ou avons été les patients de ce médecin.

Par la suite mon mari m’offrit un appareil photo, puis je commençais à faire du monotype, et petit à petit je commençais à avoir une œuvre. Ce qui me semblait incroyable c’est que ma main dessinait toute seule, je ne la contrôlais point, elle faisait ce qu’elle voulait. A chaque fois j’étais surprise du résultat.

Puis, je continuais à écrire mon livre Le jour où j’ai aimé. Pour moi écrire ce livre était une manière de mettre des mots à l’indicible, des mots à tout ce que je n’osais raconter à personne, c’était une façon de raconter ce que je voyais et ce que je vivais tout en doutant de tout. Je devins mon propre modèle, je devins ma matière, je devins mon objet de recherche. Ma quête, aller au plus profond moi, dans tous les recoins de ma tête, de mon inconscient et de mon âme.

Je n’ai pas choisi devenir artiste ou écrivain. Je le suis devenue avec le temps, puis bien sûr cette partie artistique que j’avais enfouie en moi est quand même sortit. Non pas par le corps mais par les mains. Elle a éclaté en mille morceaux : mes livres et ma peinture.

Pendant des années j’ai eu un travail à temps partiel, ce qui me permettait d’aider financièrement mon ménage, puis les choses se sont faites de telle façon que j’ai pu ne plus travailler ou bien travailler uniquement par plaisir comme par exemple lorsque je donne mes cours particuliers.

Au fil du temps, je me suis découverte et je me suis assumée en tant qu’artiste. Assumer c’est non seulement faire de l’art ou écrire, mais c’est aussi consacrer ma vie à cela avec toutes les contraintes et conséquences que cela apporte.

Je l’assume et je fais le choix. Puis je me sens épanouie et heureuse de faire ce qui me plait même je dirai ce qui me passionne.

Aujourd’hui, à chaque fois que je crée, j’écris et j’illustre comme dans mes livres de français ou d’enfant.

Souvent, je me dis que j’ai la chance de faire ce qu’il me plait. J’ai la chance de savoir à quoi bon je suis douée. A quoi je suis faite.

Je crois que si tout le monde faisait un travail qui lui passionne le monde serait différent.

J’ai la chance, j’ai une étoile sur la tête qui me protège et m’illumine comme le soleil à travers ses petit rayons doux l’hiver.

Aujourd’hui m’assumer en tant qu’artiste et écrivain me permet de retrouver mon chemin. Ce chemin que j’avais perdu. Puis sans le savoir je voulais faire des activités qui n’étaient pas moi, je n’étais pas moi. Petit à petit, le puzzle prend forme, la dernière pièce a été placée et tout va comme un gant. Ma vie va comme un gant.

Aujourd’hui, je suis et je n’ai pas peur d’être moi. Aujourd’hui, je crée par plaisir et non plus par reconnaissance. Aujourd’hui, j’ai la conviction que si je fais pour ce quoi je suis née, tout ira à merveille.

Il m’a fallu du temps. Et le temps prend du temps. Il m’a fallu souffrir et être heureuse. Il m’a fallu être courageuse. Il m’a fallu me battre. Il m’a fallu perdre mes millions de batailles, mais celle-ci, la plus importante je l’ai gagnée. Et même si je sais qu’il y en aura d’autres car dans la vie car il y en a toujours d’autres, je me battrai le cœur dans la main.

Aujourd’hui, je suis devenue artiste et écrivain.

 

Mes origines: La vie de Gloria Mestre

Contact